Jacques Chabert - Artisan ébéniste
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De la simplicité
jeudi 16 août 2007

I)Les contraintes technologiques du matériau bois

D’une manière générale, un meuble aime un certain... confort :

  •  Il aime : Un taux d’humidité ambiante entre 35% et 55% ; une température aux alentours de 20° ; il n’aime ni les courants d’air ni les variations de température. En effet, le bois, qu’il soit massif ou en placage, absorbe l’humidité ambiante ou, au contraire, se dessèche, suivant le taux d’humidité de l’air. Ceci entraîne des variations de dimension du bois. Une bonne partie des colles utilisées en ameublement est également sensible à l’humidité. Ainsi que certains matériaux (métal, écaille de tortue...).

  •  Il craint les rayons du soleil et de la lune. Les rayons ultra-violets modifient sa teinte, en particulier les rayons lunaires.

  •  Il n’aime ni la solitude ni le silence. Ce sont les bestioles xylophages qui aiment ces conditions de vie ! Elles s’y sentent rassurées et utilisent une bonne partie des bois (surtout le hêtre et les fruitiers) comme crèche pour le développement de leurs larves.
  • II) Les principes généraux d’une bonne conservation

    Il vaut donc mieux choisir un meuble construit « dans les règles de l’art », ces règles de construction ayant justement pour objet de tenir compte des particularités du matériau bois (par exemple, un panneau massif doit être libre dans les rainures afin de pouvoir s’élargir ou se rétrécir sans contrainte ; à défaut, il y a un risque de fente à plus ou moins long terme).

    Il faut adapter le choix d’un meuble au style et au lieu de vie : Dans un endroit peu chauffé, ou pire, trop chauffé, ou encore pire, chauffé très irrégulièrement et avec de grandes variations de température, il faut bannir les meubles en placage et surtout en marqueterie. A endroit rustique, meuble rustique ! La bonne conservation d’un meuble en marqueterie peut imposer la présence d’un (dés)humidificateur et d’un hygromètre.

    Il faut éviter de placer un meuble directement en contact avec les rayons du soleil et surtout avec ceux de la lune. Des rideaux s’imposent la nuit si l’on veut éviter la décoloration de parties du meuble.

    Lorsqu’un meuble sera entreposé dans un endroit isolé (grenier, garde meuble etc...), pendant une longue durée, il est prudent de faire effectuer un traitement préventif de protection contre les bestioles. En principe, certaines essences (chêne, acajou) résistent naturellement aux attaques xylophages. Il faut surtout se méfier des meubles en hêtre, en noyer, et en sapin. D’un autre coté les produits de préservation ne sont pas tous d’une haute tenue écologique... Il faut donc réserver les traitements aux cas extrêmes.

    Je donne ces conseils dans l’optique d’une meilleure conservation possible. Toutefois, il ne faut pas oublier qu’un meuble est un objet fonctionnel destiné à nous faciliter la vie, et non pas (sauf cas exceptionnel) à nous transformer en esclave de l’objet. Il a le droit de vivre, de vieillir, et même de faire un peu l’imbécile. Comme nous, quoi !

    III) L’entretien courant

    Je veux juste ici donner quelques précisions techniques utiles pour un bon entretien.

    D’une manière générale, il faut éviter toute stagnation d’eau (ou d’autre liquide) sur un matériau bois. En cas de projection, il suffit d’essuyer immédiatement la surface avec un chiffon sec, et il n’y aura aucune suite fâcheuse. Et ce, quelque soit le type de finition. Il faut toutefois distinguer si la surface concernée est en bois massif ou en placage (ou marqueterie). Dans ce dernier cas, l’usage du chiffon est plus délicat (il y a toujours un risque d’arrachage de morceaux de placage). Pour le dépoussiérage, l’emploi du plumeau s’impose.

    Les différentes finitions de meuble :

  •  Les vernis modernes (polyuréthanes, glycéros, etc...) : Ce sont les finitions d’entretien le plus facile, assurant la meilleure protection. En revanche, leur éventuelle restauration impose un remplacement intégral, pas toujours très commode. Ces produits résistent à l’eau et à l’alcool. Entretien courant : Eau savonneuse (sur bois massif), essence de térébenthine.

  •  Les vernis « traditionnels » (cellulosiques, gomme laque) assurent une protection moyenne contre l’eau, dans la mesure où on intervient tout de suite. Ils sont sensibles à l’alcool. L’éventuelle restauration est plus facile qu’avec les vernis modernes. Entretien courant : Eau légèrement savonneuse (bois massif), rincer et assécher. On peut aussi utiliser un peu d’essence de térébenthine.

  •  La cire : Elle a l’avantage de son inconvénient. Elle n’assure pas une protection grandiose, mais est relativement facile à remettre en état ; Il faut toutefois éviter un contact prolongé avec de l’eau ou de l’alcool. Entretien courant : Chiffon sec. Se méfier des cires teintées d’application parfois délicate.

    Quelque soit la finition, on peut toujours passer une couche de cire (non teintée et cire d’abeille si possible) sur le meuble : Ça pourra redonner un peu de jeunesse à des vernis défraîchis, ou à une cire endommagée, et surtout, cela n’entraînera aucune dégradation sur la finition antérieure. De plus une couche de cire naturelle s’enlève très facilement. En revanche, il faut se méfier des produits d’entretien « miracles » : Soit il s’agit de cire avec des additifs inconnus, soit ils sont dérivés d’un produit connu des ébénistes (la fameuse « popote ») et demandent un certain tour de main dans leur utilisation. Mal utilisés, ces produits ne font que compliquer une restauration ultérieure. Cette remarque est également valable pour les produits dits « dépoussiérants », qui, s’il sont séduisants lors d’une première utilisation, n’en fonctionnent pas moins suivant le même principe, et finissent par encrasser le meuble.

  • IV) Les meubles en kit

    J’aime bien les meubles en kit ! Ça fait parfois travailler l’artisan : Fiches de montage nécessitant un brevet professionnel pour une bonne compréhension, pièces de quincaillerie inadaptées voire absentes en tout ou partie, et autres gags... D’où une intervention demandée d’un professionnel. Sans généraliser outrageusement, il importe de vérifier soigneusement ces aspects avant tout achat.

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